Comment jouer ensemble sans se sentir disparaître dans la masse ? Comment cohabiter si longtemps sans que le groupe explose ? Quel rôle joue vraiment le chef d’orchestre ?
Pour la première fois, caméras et micros se faufilent parmi les 120 musiciens de l’Orchestre de Paris, à la Philharmonie, sous la baguette de leur jeune chef prodige finlandais, âgé de trente ans, Klaus Mäkelä.
Un film immersif au cœur de la musique en train de se faire ; au plus près de l’expérience des musiciens, de leurs émotions, de la beauté.
D’entrée de jeu, le film nous catapulte dans le chaudron philharmonique de l’Orchestre de Paris dirigé par le Finlandais Klaus Mäkelä, nous installant à côté de la contrebassoniste ou du cor anglais, sans doute jamais filmés d’aussi près, et nous entraînant de répétitions en concerts tout en nous immergeant, grâce au montage virtuose de quatre-vingt-dix pistes sonores, dans les multiples strates de la musique en train de se faire.
Lusine Harutyunyan et Lukas Carrillo Elgueta sont deux “personnages” du film de Philippe Béziat : ils racontent l’engagement que nécessite leur métier. Et leur joie de le partager avec le grand public sur grand écran.
Pour Lusine Harutyunyan, violoniste et entrée à l’Orchestre de Paris en 2022, et Lukas Carrillo Elgueta, contrebassiste encore étudiant au CNSMD de Paris mais déjà amené à jouer avec l’Orchestre, leur travail pourrait s’apparenter à celui de l’équipage d’un avion : pour que le vol ait lieu dans des conditions optimales, chacun des cent vingt membres doit jouer sa partie tout en restant étroitement connecté aux autres, et les deux musiciens évoquent les efforts nécessaires pour que le collectif fonctionne.
Condition indispensable, l’écoute mutuelle ne suffit pas, et le rôle du chef d’orchestre s’avère déterminant : « Il faut que quelqu’un décide ! Un avion ne peut pas voler sans pilote », résume Lusine. « Je ne peux pas bien entendre le musicien placé à 15 mètres de moi. Je ne peux pas faire confiance à mes seules oreilles, il y a un risque d’erreur, poursuit Lukas. Et il y a la question du placement du son. La sonorité plus grave de ma contrebasse met un peu plus de temps pour arriver au public que les sons plus aigus des violons. Le chef est aussi là pour anticiper et nous dire à quel moment entrer. »
Le visionnage de Nous l’Orchestre les a émus, les ramenant à leur passion de longue date pour la musique, tout en ravivant leur fierté du travail ainsi exposé aux yeux (et aux oreilles) du grand public.
Ce travail, le réalisateur Philippe Béziat le raconte merveilleusement, immergeant le spectateur dans l’orchestre grâce à des caméras qui nous placent juste à côté des musiciens, et avec près d’une centaine de micros et autant de pistes sonores, qui permettent de saisir, après montage, toutes les strates et les dimensions du travail symphonique. « C’est vraiment magique, tu entends tout, s’émerveille Lusine. Pendant Shéhérazade, de Rimski-Korsakov, j’ai pu entendre le son de mon propre violon. J’étais si touchée que j’en ai pleuré. »
Pour en savoir plus, je vous renvoie vers le site de l’Orchestre de Paris, sa chaîne YouTube et le cours des 6èmes sur l’orchestre.
